Mathilde Rosier

Mathilde Rosier est née à Paris en 1973. Elle vit et travaille en Bourgogne et à Bâle, en Suisse.

La démarche de Mathilde Rosier trouve son point de départ dans sa décision qui l’a amenée à se retirer au coeur d’un environnement rural devenu le sujet central de son oeuvre depuis une vingtaine d’années. Dans la première phase de sa recherche, l’artiste s’est appuyée sur l’histoire de la psychologie et sur l’hypothèse qui situe dans l’inconscient la seule proximité authentique avec la nature, une survivance de l’état sauvage en contraste avec le moi conscient et civilisé.

Depuis quelques années, ces représentations d’une nature domestiquée trouvent leur prolongement dans une nouvelle série où bourgeonnent des corps hybrides aux membres végétaux, ces images évoquent à la fois l’expérience mentale de dissolution dans le vivant à laquelle se soumet l’artiste, l’intensité du lien à son environnement, et celle qu’induisent les modalités de l’agriculture industrielle ; la parenté immédiate de la plante et de l’humain et l’exploitation intensive de l’une par l’autre. S’il pouvait être question dans les précédents travaux de communier avec le monde, il s’agit ici de faire corps avec lui.

Qu’il soit traité sous forme de peintures, de dessins, d’assemblages, de films, de costumes ou de performances, ce thème continu s’exprime dans une veine qui peut rappeler l’art des symbolistes, l’art décoratif des théâtres ou des ballets, voire les ornements typiques de certaines oeuvres aborigènes.

Extrait du texte de Thierry Leviez pour le prix Aware.